Prisonnier break – Le Prisonnier dans So Film

Tout comme Camille Saféris pour Rolling Stone, Thomas Andréï est lui aussi parti en reportage à Portmeirion pour le compte de So Film. Le magazine a publié en juillet 2018 un hors-série consacré à plusieurs séries culte. Le Prisonnier est en bonne place aux côtés des Envahisseurs, Columbo – l’inspecteur « vintage » est en couverture – mais aussi Drôles de dames, ou Clair de lune. Résultat ? 7 pleines pages consacrée à notre série fétiche. Rare

Thomas Andréï a fait des rencontres intrigantes au Village. Robin Llewelyn, le petit fils de l’architecte de ce petit coin de paradis, Clough Williams-Ellis, avait tout juste 8 ans lors du tournage en septembre 1966. Il se souvient de la bizarrerie de la situation « On n’avait jamais vu personne porter des hauts de forme et des vestes à queue de pie sur le sable. Ils avaient des gants, des costumes rayés (…). Ils portaient ce cercueil. On se doutait bien qu’il ne devait pas y avoir de corps dedans mais on se demandait ce qu’ils fabriquaient »

Désormais managing director du Village – le No. 1 des lieux en quelques sortes – il ajoute que McGoohan était très tendu, qu’il courait partout, et qu’il était tout rouge. Il rappelle que son aïeul avait toujours aimé construire des choses. C’est vers 1920, après avoir effectué un voyage en bateau le long des côtes de Portofino, qu’il décida de construire son propre village idéal. « Il voulait ajouter de la beauté à celle du paysage, construire sans détruire. A l’époque, personne ne le prenait au sérieux ». Thomas Andréï rappelle par ailleurs que le lieu du tournage avait été gardé secret jusqu’à la diffusion du Dénouement en 1968 et que la fréquentation de Portmeirion est passée de 50.000 à 100.000 par en cette année-là. On atteint même 250.000 visiteurs annuels à la fin des années 70. Pas mal pour une série qui dont le dernier épisode a été conspué par le grand public. Robin raconte qu’à la fin de ses études, il a décidé de rester au pays de Galles et de contribuer à aider à faire perdurer l’œuvre de son grand-père.

Les fans gallois sont nombreux, dans toutes les couches sociales de la population. Ainsi, le conseiller municipal Gareth Thomas explique que le tourisme aide grandement l’économie locale, surtout depuis la fermeture de la centrale nucléaire de Trawsfynydd en 1991 et le déclin de la production d’ardoise. Il rappelle que « Dès la diffusion, les gens venaient dépenser leur argent dans toute la région. Ça a généré beaucoup d’emplois. Toute une génération de gens est venue ici grâce au Prisonnier. Meurig Jones, le directeur de l’hôtel, travaillait quant à lui à l’aérodrome du coin où il s’occupait des communications radar. Il était fan de la série avant d’être embauché et friand d’anecdote. Il raconte que Clough a dû construire une armoire à vêtements pour satisfaire le manager des Beatles, Brian Epstein. Ce dernier organisait du reste beaucoup de grandes soirées et il a fallu également aménager le grand salon. George Harrison, un de ses anciens protégés, a fêté ses 50 ans – en 1993 – à Portmeirion.

Le village est le théâtre de nombreuses manifestations culturelles. La plus récente, et probablement la plus notable du point de vue médiatique, est le festival pop-rock « Festival No. 6 » qui a accueilli de nombreux groupes tels que New Order, Franz Ferdinand, Pet Shop Boys, My Bloody Valentine. L’édition 2018 (du 6 au 9 septembre, la 7ème du nom) sera cependant la dernière car le festival – qui a gagné la récompensé est victime de son succès et ne peut accueillir plus de spectateurs dans le format actuel.

Mais l’événement le plus connu mondialement est sans contexte PortmeiriCon, la convention annuelle de l’association des fans du Prisonnier. Roy Stambrow, fan, depuis l’adolescence, a démissionné de son ancien job londonien pour travailler au Pays de Galles et se rapprocher du saint des saints « Mon patron m’a ri au nez » s’amuse-t-il. Il est désormais employé par la compagnie ferroviaire locale. Sa passion pour la série a envouté Christine, une française, avec laquelle il est fiancé.

Ric Davy, l’animateur du blog The Unmutuals, préfère rester discret et se refuse à porter des costumes. « Beaucoup viennent habillés comme le No. 6. C’est l’inverse de ce que la série essayait de nous dire. Que l’on est censé être un individu ». Il ajoute que le monde entier est devenu un village, comme le prophétisait McGoohan.

Bref il y a autant de fans qu’il y a de façons d’interpréter la série ! Bonjour chez vous !

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