Le Prisonnier en BD : 4ème et dernier volet (Titan Books)

A la fin du volume 3, les dirigeants du Village n’ont pas réussi à tromper l’agent Breen. Des prisonniers l’ont aidé télépathiquement à se reconstituer. S’étant débarrassé du rôdeur, Breen se glisse dans son repaire sous-marin et découvre des dossiers le concernant. Il se retrouve face à Carey, son ex-maîtresse qui est désormais aux commandes du Village et porte le blazer de No. 2. Elle pointe un révolver à son visage…

*Attention, il y a des spoilers *

Le fauteuil globe de Carey dans lequel elle était assisse est piégée. La voilà électrocutée. Bree découvre un message dans sa poche : « Votre fonction se termine maintenant. Signé Number One Solutions 55 Twyford Street EC1 ». Breen récupère l’électropasse de Carey puis se retrouve face à deux gardes en chapeaux melons et parapluies-épées. Il s’en débarrasse prestement et quitte un immense dôme blanc, qui ressemble furieusement au radôme de France Telecom situé à Pleumeur-Bodou, en Bretagne. Breen s’enfuit au volant d’un Lotus. Personne ne tente de l’arrêter. « Comment s’évader d’un endroit qui n’existe pas ? » se dit-il. Arrivé à Londres, Breen fait escale dans un hôtel minable puis se rend à l’adresse indiquée sur le message trouvé dans la poche de Carey. Il se trouve confronté à un vieillard – Mr. Smith – assis derrière un bureau miteux. Son job : faire en sorte que la mécanique tourne sans encombre. Smith l’emmène voir le Numéro Un.

Les deux hommes passent par une salle remplie de dactylos ayant largement passé l’âge de la retraite. Elles saisissent des informations qui sont imprimées sur des cartes perforées, à l’ancienne, selon la volonté du Numéro Un. Pénétrant dans les entrailles du bâtiment, Smith et Breen passent à côté d’immenses ordinateurs à bandes. Le Numéro est en fait un ordinateur IBM spécial qui ne traite que des cartes perforées. Pas de connexion aux réseaux informatiques, pas d’erreur possible. Le système est infaillible et se contente de gérer des données. « Les décisions sont prises complètement au hasard car les anciens systèmes, pilotés par l’homme, ont tous échoué » explique le mystérieux Smith.

Un pneumatique – on se croirait dans le Brazil de Terry Gilliam – arrive à l’intention de Breen : il a réussi son évaluation et peut accéder au poste de Numéro 2. Breen refuse et quitte le bâtiment dans sa Lotus avec fracas. Il décide de retrouver son ancien patron, Section, dans les locaux de « The Unit », la planque de son ancien service. Il aperçoit son ancien chef et … Carey, qui n’était pas morte. Breen cherche à la confronter, mais cette dernière se lance dans un violent combat à mains nues. Les deux anciens amants se tombent dans les bras; Carey explique qu’il fallait trouver un prétexte pour que Breen infiltre le Village et vole les secrets de Pandora.

Pendant ce temps, Section, qui avait piloté toute l’opération, reçoit un mystérieux coup de fil : Section explique qu’il sera un jeu d’enfant d’extraire les fausses données que Breen a récupéré. Le système est sans faille, dit-il. A moins qu’il n’y ait une taupe dans le Village. Un jet de gaz… et voilà Section au Village, en blazer à liséré blanc ! Le nouveau Numéro 2 – surprise, l’agent Breen – veut lui extirper … des informations.

Au final, que penser de cette adaptation du Prisonnier en BD, la deuxième tentative sur ce support après celle de Motter et Askwith en 1989-1990 ? Les débuts poussifs du scénario, le style visuel plutôt quelconque de Colin Lorimer et la colorisation immonde avaient de quoi rendre le lecteur peu optimiste. Finalement, en essayant de faire abstraction de cela, on se laisse prendre à l’intrigue. Le dénouement est assez amusant, peut-être un clin d’œil au film « Le sens de la vie » des Monty Python dans lequel de vieux comptables prenaient le contrôle d’une corporation. Les messages de l’histoire en gros : l’humain est faillible, la technologie est une malédiction. Pas nouveau, mais les petits clins d’œil à Londres, le retournement final ou le Numéro 2 devient un prisonnier rendent finalement l’ensemble supportable.

Plus d’information, pour commander les fascicules sur le site de Forbidden Planet à Londres.

Prix : £2,65 par histoire + port. Les 4 histoires vont être réunies en octobre 2018 dans un album intitulé « The uncertainty machine »

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