“It means what it says” – Les fans du Prisonnier écrivent sur la série

Pour marquer le 50ème anniversaire de la première diffusion du Prisonnier au Royaume-Uni, Ed Fordham a décidé de lancer un appel à contributions auprès des fans britanniques et internationaux de la série pour qu’ils apportent leur point de vue, leur pierre à l’édifice déjà conséquent des thèses, mémoires, essais et autres livres de référence. C’était une première car aucun recueil de témoignages n’avait été publié à ce jour – hors du cercle des fans-clubs – via une plateforme accessible par le grand public. “It means what it says” a donc été publié fin 2017 et contient des essais, des théories, des dessins, des articles sur la Moke ou la Lotus, sur tel épisode jugé à tort ou a raison plus faible comme “Do not forsake me, oh my darling”. On y trouve la liste des épisodes de la série Rafferty (1977) avec un résumé de chaque intrigue. Mais aussi, et en vrac, les références allemandes (et françaises !) dans la série, les références littéraires perçues, des théories sur le lavage de cerveau, des remises en perspective contextuelle, des photos, des poèmes etc. etc. En tout, plus d’une cinquantaine de thèmes d’intérêts divers dans lesquels chacun trouvera son miel. 330 pages, couverture couleur, intérieur N/B, £9.99

L’année suivante (2018), Ed Fordham publia un second volume sur le même modèle (recueil de participations de fans) intitulé “One likes to know everything” (d’après la réplique du No. 2 voulant mettre à jour le dossier du Prisonnier). Ce recueil est dédié à la mémoire de Fenella Fielding, l’actrice dont on entendait la voix suave s’exclamer, dans les hauts-parleurs du Village “Rise and shine, and what a lovely day it is!”. On retrouve de nombreux essais sur la numérologie, sur les terrains de cricket vus dans la série, sur l’interprétation de McGoohan dans la pièce de théâtre Brand, mais aussi un long article du français Christophe Taddei “expliquant” la série de façon assez fouillée, un article sur l’ordre de visionnage supposé des épisodes… Bref, un joyeux fouillis dans lequel le lecteur se plongera (ou pas). 390 pages, couverture couleur, intérieur N/B, £14.99

Sur la forme, la mise en page laisse à désirer. L’usage systématique de la police de caractères “Village” ne facilite pas la lecture. La qualité de scans et de reproduction de certains dessins ou photos est parfois aléatoire. Il n’y a pas d’index thématique, les articles sont empilés les uns à la suite des autres sans éditorialisation, il n’y a pas de tables des matières dans le second volume et certains articles sont constitués de paragraphes parfois très longs.

Sur le fond, l’idée de proposer des avis de fans est très intéressant et donne beaucoup de points de réflexion au spectateur anglophile désireux d’approfondir les grandes thématiques explorées par McGoohan. L’apparent désordre permet aussi au lecteur de butiner les deux pavés sans ordre particulier, au grè des envies ou des sujets. On retrouve par exemple le personnage du “jailbird” Pat Goon, imaginé par le dessinateur Steve Matt (interview à suivre sur notre blog) dont les cartoons rigolos ont longtemps agrémenté les pages de In The Village, la revue trimestrielle du club anglais historique Six of One.

A noter que les bénéfices de ces ouvrages auto-publiés sont reversés au profit respectif de Ty Gobaith, une institution galloise venant en aide aux enfants handicapés, de BBC Children in Need et de Mind for better health, un organisme de soutien aux handicapés mentaux.

Addendum : Un 3ème et dernier volume annoncé pour 2019 est resté en suspens. Nous avons appris avec une grande tristesse le décès prématuré de Ed Fordham au printemps 2019.

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