Interview de « You are Number Six »

Sous cette appellation se cache Théo Lefebvre, un jeune gars dingue de « cold wave ». Le Superviseur l’a questionné sur sa passion pour Le Prisonnier.

Je ne me souviens absolument plus comment j’ai découvert « You Are Number Six ». Sans doute me suis-je dis dit que c’était plutôt cool comme nom de groupe. Et que le gars avait bien assimilé la cold wave, la new wave, tous les courants musicaux du début des années 80, Cure, Joy Division etc. Ambiances synthétiques, voix désincarnée, rythmique syncopée… Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que sous ce nom se cachait un jeune type d’une vingtaine d’année !

TU ES NÉ UN 6.6, MAIS À QUEL ÂGE ET DANS QUEL CONTEXTE AS-TU DÉCOUVERT LA SÉRIE ?

Tout petit. Mon père avait l’habitude de me montrer certaines séries « vintage » avant de me coucher, Les Envahisseurs, Twilight Zone, et bien sûr Le Prisonnier. Je devais avoir un peu moins de dix ans, c’était à la fois intriguant et probablement trop compliqué pour un enfant, mais en tout cas le fait est que ces séries m’ont marqué au fer rouge et ont fait naître en le petit garçon que j’étais un amour profond pour la SF et les séries anglo-saxonnes. Quelques années plus tard, j’ai fait un petit détour de deux ans en fac d’anglais. Pendant que mes camarades étudiaient activement Blake, j’étais au fond de la classe en train d’écrire des paroles pseudo-romantiques, comme tout petit rebelle qui se respecte. C’était il y a trois ans et j’étais bien décidé à mettre mes premiers morceaux en ligne. Mais voilà, il me fallait un nom, je voulais quelque chose de personnel, puis j’ai pensé à la double-apparence du chiffre 6 dans ma date de naissance. 6.. Numéro 6.. Vous êtes le numéro six.. You Are Number Six. Here we go !

AS-TU ÉCOUTÉ D’AUTRES MUSIQUES, DANS D’AUTRES STYLES, INSPIRÉES DE LA SÉRIE ? SI OUI, LESQUELLES ?

Je n’ai jamais cherché à savoir qui avait fait des morceaux sur la série, donc la réponse est malheureusement non (cher lecteur, si tu en connais, je suis preneur). Par contre, je pense que j’ai écouté grosso modo ce qu’écoutait Patrick McGoohan en réalisant la série, à savoir une bonne partie de la British pop des années 60 – gros fan des Beatles – et son équivalent outre-Atlantique. Je pense entre autres aux Beach Boys.

TU CHANTES EN ANGLAIS, LA LANGUE DE PATRICK MCGOOHAN. POURQUOI CE CHOIX ?

100% pour une question de culture musicale, extraordinairement riche au royaume des fish’n’chips. Je n’ai jamais été fan de ce qui se fait de ce côté de la Manche en termes de pop et de rock. Du coup, mon Ipod a toujours été rempli de groupes anglais et américains et, quand j’étais enfant, à la maison, mis à part du Gainsbourg ou du Bashung, c’était surtout les Clash, les Smiths, les Cure, Depeche Mode, Blur, Joy Division ou encore David Bowie qui tournaient sur les platines. D’autre part, j’ai pas mal voyagé en Angleterre avec mes parents, ce qui m’a poussé à étudier l’anglais quelques temps et m’a permis d’acquérir le vocabulaire nécessaire pour écrire des paroles à peu près compréhensibles pour un anglophone. Et puis, la langue anglaise se prête tellement mieux au chant, tout est plus libre en anglais, à moins que ce ne soit qu’une liberté illusoire et que je sois resté bloqué au Village…

COMMENT COMPOSES-TU TES MORCEAUX ? TU AS L’IDÉE D’UNE MÉLODIE, D’UNE AMBIANCE PUIS TU DÉVELOPPES TOUTE DE SUITE OU ALORS, C’EST PLUS GRADUEL, TU PRENDS DES NOTES AU FUR ET À MESURE ET LE DÉCLIC SE PRODUIT À UN MOMENT DONNÉ ? QUEL EST TON PROCESSUS CRÉATIF ?

Alors là on touche au Secret Défense ! En fait, déjà le secret, c’est que je compose, mixe et mastérise tous mes morceaux depuis ma chambre ce qui permet un cadre de détente propice à la création… Non sérieusement, je commence généralement par trouver une base à la guitare, ce qui finit souvent par devenir la ligne de basse du nouveau morceau. Une fois enregistrée, je rajoute des percus faites par ordinateur puis des guitares et des mélodies avec mon vieux synthé Casio. Le plus souvent en parallèle, je trouve la mélodie du chant puis une fois que tout est enregistré je prends quelques jours pour écrire les paroles et réenregistrer le bon chant à la place du charabia. Au final, j’aime autant la partie composition que la partie écriture, c’est très important pour moi de faire les deux, c’est même salvateur.

Et bien sûr, toutes les chansons enregistrées ne finissent pas sur un CD, il y a un gros travail de tri derrière pour garder ce qui nous semble, à moi et à ceux qui m’aident à gérer le projet, le plus prometteur. Donc c’est un travail progressif, qui évolue de lui-même vers le résultat final. J’ai même souvent l’impression d’être spectateur de ce processus de création) D’ailleurs, je prends un malin plaisir à glisser des références au Prisonnier dans mes EP, par exemple dans Binary Numbers qui en plus de parler de numéros parle aussi de grand-bi et de Lotus !

LES POCHETTES DE TES PRODUCTIONS SONT TRÈS GRAPHIQUES – JE CROIS QUE POUR LA VERSION DIGITALE DE LENSFLARES, ON POUVAIT MÊME CHOISIR UN MOTIF DIFFÉRENT DE COUVERTURE – D’OÙ CELA VIENT-IL ?

Actuellement je suis étudiant en informatique, et j’ai fait pas mal de Photoshop quand j’étais ado. J’aime bien bidouiller les images, tenter des choses, et le plus possible créer une expérience unique pour ceux qui supportent mon projet en achetant mes CD. D’où le générateur de pochette pour mon EP Lensflares, l’édition limitée de Hors-série avec ses pochettes toutes différentes et plus récemment ma collaboration avec Baptiste Roca, un ami artiste qui a dessiné à la main les CD de mon dernier EP, Don’t You Like My New Lipstick. Next step : réaliser des clips. Mais pour le coup je laisserai le travail à quelqu’un d’extérieur, j’ai tendance à vouloir toucher à tout mais entre la musique, les sites interactifs et la conception des pochettes et livrets faut peut-être à calmer mon appétit.

QUEL EST TON ÉPISODE PRÉFÉRÉ ET POURQUOI ?

Aucun. Ou plutôt tous ! J’ai regardé la série complète plusieurs fois et, franchement, je serai incapable de trouver un épisode mieux qu’un autre. Je vois plutôt ça comme un ensemble, pas forcément à regarder chronologiquement mais en tous cas chaque épisode a son importance pour la compréhension ou plutôt l’immersion dans la série. Après, certains épisodes m’ont marqué plus que d’autres, Le Carillon de Big Ben, Échec et Mat et bien sûr le final avec à mon sens la meilleure utilisation d’un morceau des Beatles dans une production visuelle (la scène monstrueusement jouissive de la révolte armée sur All You Need Is Love).

Portrait de l’artiste par Baptiste Roca (cover du single « Don’t you like my new lipstick ?)

QUESTION SUBSIDIAIRE QUI EST LE NUMÉRO 1 ?

Euh, bah le numéro 1 c’est moi, of course! Et toi aussi, et toi là bas, et.. toi aussi… Enfin bref, on est tous des numéros 1 (et tous des numéros 6)…

Le soundcloud de You Are Number Six. En bonus You are Number Six nous offre sa cover du morceau “Nantes” du groupe Beirut.

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